La garde côtière veille sur la mer

Garde côtière

La mer du Nord, une mer plein d’opportunités

Le 21 novembre 2025, de nombreux partenaires de la garde côtière ont assisté au discours du Gouverneur.

Gouverneur Carl Decaluwe achter het spreekgestoelte

La mer du Nord, à peine 3.454 km², semble sur la carte une simple tache bleue, mais en réalité, elle est une porte ouverte vers le commerce, l’énergie, la connaissance et la nature. Elle nous nourrit, nous protège des tempêtes et nous relie au monde. En même temps, elle exige vision, coopération et leadership. Ce n’est pas un hasard si le gouverneur Carl Decaluwé l’a qualifiée dans son discours de « notre onzième province » : une province sans maison communale, mais pleine d’activité et de sens.

La mer du Nord est la plus grande zone naturelle de Belgique et un pivot de notre économie. De Zeebruges à Ostende, les câbles de l’avenir croisent les traces de notre passé. Mais cette mer n’est pas un espace vide : avec plus de 150.000 mouvements de navires par an, elle compte parmi les plus fréquentées au monde. Navigation, pêche, parcs éoliens, extraction de sable, exercices militaires et aquaculture se disputent un espace qui ne représente que 0,5 % de l’ensemble de la mer du Nord. Cela rend la planification spatiale marine cruciale.

La Belgique est pionnière en matière de politique spatiale marine, avec un plan légalement ancré depuis 2014. Pourtant, la détermination reste indispensable. La tempête Eunice en 2022 a montré notre vulnérabilité : un navire chargé d’explosifs s’est retrouvé à 100 mètres d’une éolienne, alors qu’aucun remorqueur n’était disponible. La sécurité en mer n’est pas un luxe, mais une nécessité. Investir dans les capacités de sauvetage, le contrôle et la technologie est essentiel pour protéger les personnes, la nature et l’économie.

La mer du Nord est aussi le cœur battant de la transition énergétique européenne. L’éolien offshore, les interconnexions internationales et les réseaux communs font de la Flandre occidentale un moteur de l’économie bleue. Les ports comme Zeebruges et Ostende sont des plaques tournantes pour le commerce, l’innovation et l’énergie verte. Les entreprises investissent dans l’hydrogène, l’aquaculture et la construction navale circulaire. Chaque euro investi dans la mer du Nord rapporte plus de deux euros de bénéfices sociétaux et écologiques.

Outre l’économie et l’énergie, la recherche marine est une clé pour les politiques futures. La Belgique possède une riche tradition, avec des institutions comme le VLIZ, l’ILVO et le POM qui collaborent dans un puissant réseau d’innovation. Des plateformes d’essai, des drones et des robots sous-marins font de notre mer un laboratoire vivant. Pourtant, des retards menacent, comme l’a montré le conflit juridique autour du navire de recherche Belgica II. Sans connaissance, nous naviguons à l’aveugle, souligne le gouverneur.

Le changement climatique constitue un autre défi. Le niveau de la mer monte plus vite que prévu : d’ici 2100, il pourrait atteindre 3 mètres. La « Vision Côtière » propose un plan à long terme pour la protection, mais risque de s’enliser dans la lenteur et les reports. Le gouverneur Decaluwé plaide pour la prise de décision et des investissements structurels, car « la mer n’attend pas ».

Enfin, la coopération est le fil conducteur. Pouvoirs publics, institutions scientifiques, entreprises et citoyens doivent maintenir le cap ensemble. La mer du Nord n’est pas une périphérie, mais une zone centrale d’énergie, d’économie et d’écologie. Avec la science comme boussole et l’innovation comme voile, la Flandre occidentale peut renforcer sa position de porte maritime de l’Europe. Comme le conclut le gouverneur : « Un navire est en sécurité au port, mais ce n’est pas pour cela qu’il a été construit. Osons prendre le large. »