La garde côtière veille sur la mer

Garde côtière

Des défis géopolitiques au renforcement des capacités pour les opérations de garde-côtes

Une surveillance côtière moderne et efficace nécessite une approche multifonctionnelle, combinant divers moyens – satellites, drones (sous-marins et aériens), avions, navires et systèmes terrestres – de manière complémentaire. Aucun outil n’est suffisant à lui seul pour répondre aux défis maritimes complexes d’aujourd’hui.

Belgische delegatie tijdens de EMSA Workshop

Lors de l’atelier annuel d’EMSA du European Coast Guard Functions Forum (ECGFF), organisé par l’Agence européenne pour la sécurité maritime (EMSA), la Belgique a participé avec des représentants du DG Navigation (Stefanie Monsaert), de l’Unité de gestion du modèle mathématique de la mer du Nord (Kobe Scheldeman), l’agence des Services Maritimes et Côtiers (Yves Maekelberg) et de la Garde côtière (Eefje Deweer).

Surveillance multifonctionnelle et complémentaire : la force de capacités intégrées

Une surveillance côtière moderne et efficace nécessite une approche multifonctionnelle, combinant divers moyens – satellites, drones (sous-marins et aériens), avions, navires et systèmes terrestres – de manière complémentaire. Aucun outil n’est suffisant à lui seul pour répondre aux défis maritimes complexes d’aujourd’hui.
Grâce à la coopération entre agences (comme EMSA, EFCA et FRONTEX) et à la combinaison de technologies, une image maritime robuste et en temps réel peut être obtenue. Cela permet de coordonner efficacement la sécurité, l’environnement, la pêche et l’application de la loi.

Évolutions géopolitiques et impact opérationnel

Les participants se sont penchés sur l’évolution rapide du contexte géopolitique et ses conséquences sur les opérations maritimes quotidiennes. On note notamment une augmentation récente des navires faussement battant pavillon et des activités de la soi‑disant flotte fantôme : des navires anciens et mal entretenus dont l’authenticité du pavillon et des documents d’assurance est difficile à vérifier, et qui présentent un risque accru d’incidents.
En regroupant l’expertise et en partageant des informations opérationnelles entre États membres, enrichies de données supplémentaires, des avancées sont réalisées pour mieux identifier ces navires. Beaucoup d’entre eux n’entrent jamais dans un port et opèrent en mer via des transferts ship‑to‑ship, avec tous les risques que cela comporte. Le principe de la liberté de navigation demeure essentiel, mais complique l’application de la loi.

Les agences de l’UE renforcent leur soutien

EMSA a présenté une mise à jour de ses services, soulignant notamment le développement de la capacité des véhicules téléopérés (ROV). Ces systèmes peuvent opérer jusqu’à 3000 mètres de profondeur et sont utilisés pour des inspections et des actions telles que la cartographie de câbles, d’ancres ou d’épaves. La Belgique a déjà fait usage de ces services ces deux dernières années.
L’Agence européenne de contrôle des pêches (EFCA) a présenté un calendrier pour les nouvelles réglementations et les outils technologiques tels que les hydrophones (détection acoustique de pêche illégale), les kits ADN (identification des espèces de poissons), les images satellites, le Remote Electronic Monitoring (REM), les drones (UAV) et l’intelligence artificielle. Ces outils n’étaient pas initialement conçus pour le contrôle des pêches, et des adaptations sont en cours pour optimiser leur utilisation.
FRONTEX a expliqué les possibilités d’utilisation de ses avions pour diverses fonctions de garde‑côtes. Ces appareils fournissent une image situationnelle maritime, peuvent zoomer sur des navires suspects et transmettent les images presque en temps réel au centre opérationnel à terre. En cas d’incident, ils peuvent rapidement modifier leur plan de vol.

La transition énergétique apporte de nouveaux défis

Le passage aux carburants non fossiles comme le GNL, le méthanol, l’ammoniac et l’hydrogène nécessite d’importants ajustements. Les ports ne sont pas encore pleinement équipés et les connaissances sur les risques – tels que le danger d’explosion ou la toxicité – doivent encore être développées. Bien que l’industrie soit demandeuse, l’infrastructure, la planification d’urgence et l’application de la loi ne suivent pas encore.
Cependant, cette transition offre aussi des opportunités, et tant au niveau d’EMSA que de l’OMI, de nombreux travaux préparatoires ont déjà été réalisés.

Technologie et accès aux données

Les nouvelles technologies telles que les drones RPAS et les images satellites deviennent de plus en plus avancées, mais se heurtent parfois à des limites pratiques. Par exemple, l’“Earth Observation” n’est pas disponible en continu, et l’obtention d’autorisations de vol reste complexe en raison des différences entre zones économiques exclusives et zones réglementées de vol — un défi rencontré tant chez nous que dans des pays comme la Roumanie.
Dans un projet pilote FRONTEX/EMSA en cours, une réduction allant jusqu’à 90 % des incidents de brouillage GPS a été observée dans une zone délimitée. En parallèle, des avertissements sont émis concernant l’utilisation de stockages cloud non européens, et certains États membres s’interrogent sur le partage des coûts relatifs aux données LRIT. En effet, lorsqu’un navire pénètre dans les eaux européennes, il ne entre pas dans un seul pays mais dans toute l’Europe.

Importance de la formation et du perfectionnement

Avec l’évolution technologique rapide, la formation devient plus importante que jamais. Les modules d’e‑learning offrent une solution efficace pour les connaissances théoriques, grâce à leur flexibilité en termes de temps et de lieu. La qualité des formations dépend principalement de l’expertise des formateurs. EMSA reste une référence en la matière, avec une vaste offre de blended learning : modules en ligne, sessions en direct, réalité virtuelle et exercices pratiques.